Lundi 3 août 2009

Israël...Jacob, se gratta le menton avec application pendant de longues secondes, puis s'adressa à Juda:" T' es garant de la vie de Benjamin?
-" Croix de bois, croix de fer...
-" Ouais! ouais! c'est ça!...bon...d'accord! j'ch'ui d'accordpour te confier le cadet...mais attention! je te prévient, c'est toi qui veille personnellement sur lui...rien que toi!...pas un de tes demeurés de frangins! compris!
-" Promis! juré!
-" Bon!...ça c'est réglé...passons à l' Egyptien...on va quand même lui offrir quelques cadeaux à ce con!...si on veut récuperer Siméon, faut mettre toutes les chances de not' côté!...emplissez les jarres de baumes, de miel...euh!...de ladanum...rajoutez de l'écorce résineuse, des pistaches et des amandes...
-" C' est tout?
-"...voyons voir...peut-être que...va falloir prendre plus de pognon que la derniére fois...le double peut-être?...prenez aussi l'argent que vous avez retrouvé enfouis dans le grain le jour ou vous êtes revenu d' Egypte...vous leur rendrai...ça devait être une erreur...
-" C'est tout, cette fois?
-" ouais! ouais! c'est bon! faut pas exagerer!"
Et voilà nos trublions en route pour la seconde fois vers le pays d' Egypte, paradis du grain de blé. Le voyage se passe tranquille jusqu'au pays des Pharaons, où l'on retrouve le sieur Joseph, puissant homme du coin. on demande une entrevue et on lui présente comme promis le p'tit dernier de la clique: Benjamin. Sur ce, Joseph appelle son homme de confiance et lui dit:" bien! qu'on les améne jusqu'a ma demeure et qu'on dise au cuistot qu'il égorge une paire de bestiaux! ces hommes mangent avec moi ce midi!".
Sur le chemin qui méne à la baraque de leur hôte, les frangins se concertent:" c' est louche c' t' affaire...
-" ouais!..moi aussi j'trouve ça bizarre!...pourquoi tout à coup il nous invite à bouffer ce taré...on est pas ses potes, merde!
-" J' parie que, dés qu'on se s'ra éloigné du coin, y vont nous arranger la gueule pour nous piquer la thune ces vicelards!
-" Tu crois?
-" Ca pue c' t' histoire!...
-" Et si y nous tue pas...on va finir comme esclaves ça c' est sur!...faut qu'on trouve un arrangement...
-" Oui, mais lequel?...
-" J' m' en charge, j' va voir c' que j' peux faire!
-" Hé!...l' ami!...rapplique!...faut que j' te cause!
-" Plait-il?
-" ???...qu'est ce qu'il a dit?...
-" Mmmm! j' ch'ai pas!
-" Pfff!...qu'est ce que vous voulez les paysans?
-" ...Euh...voilà!...mes fréres et moi...ben...on s'disait...: ça à l'air d'être un brave mec le type qui nous accompagne, p'tét' que...si on lui raconte, y nous comprendrait...
-" Raconter quoi?
-" Ben!...qu'est ce qu'on a fait pour en arriver là...
-" ???
-" ...Tu t' rappelle?...on est v'nu une premiére fois, juste pour acheter de la bouffe, mais y'a eu méprise...on nous a prit pour des espions ou je ne sais quoi!...et on est r' partit sans not' frangin Siméon...l' ministre du pharaon y l'a mit en taule en attendant qu'on raméne le p'tit dernier!...ch'ai pas pourquoi!...mais c'est comme ça!...mais ça c'est rien!...c'est pas ça qui nous fait l'plus chier la d'dans!...c'est que...comment dire...les types qui ont préparé les jarres avec le grain,...ben!...j' ch'ai pas c'qui z'ont branlés...on a r' trouvé tout not' pognon qu'avait servit à payer noyé dans l'grain...et ça!...ça nous a fait flipper...donc, on est r'venu pour rendre le fric!...passeque, on des pas de la chourave nous!...on est des types honnêtes...tu comprends?...faut pas vous foutre en pétard!...surtout qu'on en a d'autre du fric...on en a plein les fouilles pour pouvoir s'acheter encore de la nourriture...tu vois on est cool!...nous, on sait pas qui c'est qui nous a mis tout ça au milieu des grains!
-" Mmm! mmm!
-" Tu nous croit?
-" Faut voir...
-" Hé mec!...déconne pas!...faut pas nous flinguer...on est pété de thunes qu'on t' dit!...tu veux combien pour nous laisser filer?...
-"...
-" Réponds merde! combien?
-" On est arrivé! 


                              A   suivre... 

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Lundi 8 juin 2009

Je suis le vent, et je me glisse en silence
Entre les bras noueux du gardien des essences,
Affleurant au passage, les limbes de jade,
Qui frissonnent en une longue sérénade.

Je suis la pluie, et mes larmes, en perles fragiles
S' écoulent gracieuses, le long de ses bras graciles,
Pour se perdre à son pied, aux terres gorgées,
Et, étancher la soif de ses racines mêlées.

Je suis le jour, et ma lumière danse,
Au travers de son feuillage ajouré,
Et projette sur le sol, en noire conscience,
L' évanescence de son immense beauté.

Je suis la nuit, et mes reflets de pénombre,
Dessinent sur l'aquarelle du monde,
Ce géant feuillu, en coupe sombre,
Témoin de l'humanité creusant sa tombe.


                    Munsch A.
                ( le 8 juin 2009 )

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Dimanche 17 mai 2009
      Quels sont donc ces monstres infâmes,
      Qui viennent, à mon sommeil agité,
      Noircir les profondeurs de mon âme;
      Et, dans le tourbillon de mes peurs, m'emporter?


      Ais-je donc tant de rages enfouis,
      Que ces démons veuillent me torturer,
      Et de mes terreurs nocturnes en faire leur nid?
      Hors de moi, evanescences en mon esprit créés!


      N' ais-je le droit, à mon repos apaisé,
      Sans que turpitudes ne viennent m'envahir,
      Dans ce combat que je livre pour m'endormir?
      Fuyez matins! Je vous trouve bien trop rapprochés!


                                                    Munsch A. ( 17 mai 2009 )
     
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Dimanche 17 mai 2009

Né en 1415.
De fevrier à juillet 1440, il fut l'un des protagonistes de la Praguerie, revolte des princes, dont le futur roi Louis XI fut le chef.
 il écrivit des vers satiriques.


                                      La grande tronçoye


                                                le pays...

                        Est le plus plaisant que je voye:

                        Villes et chastaux bien empoinct,

                        Où l'on demèrre toujours joye

                        La belle forest de troncoye

                        Bon aer, peuple doux et humain

                        S' il y a faulte de monnoye

                        N' en forge-on pas à Saint Pourçain!

Ode adressée en 1486 à Mgr de Bourbon, connestable de France.


La forêt de Tronçais est une forêt de chênes. le terme était utilisé au moyen-âge, et particuliérement dans le centre de la France.

 

 

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Samedi 16 mai 2009

Né en 1216 à Bordeaux, il devient clerc et troubadour. Il fréquente en tant que tel la cour de Ferdinand III dit:" le Saint" . Il meurt en catalogne en 1242.


          Nul d' entre nous ne se trompe
          Plus vite, ni ne se méprend mieux
                   Que sur le terrain
              Où il se sent le plus sur
                   C'est donc folie
         de ne pas redouter que cela nous arrive.
         Pour ma part, l'amour ne me fait pas peur.
         Je croyais pouvoir y aller en confiance!
         Mais il m'à confisqué tout pouvoir.

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Mardi 21 avril 2009

Plusieurs semaines s' écoulérent aprés ces faits sans qu' une décision concernant Simeon ne fut prise. Cette tête de pioche de Jacob refusant catégoriquement de confier le p'tit dernier à un quelconque membre de sa fratrie et, comme cette engeance de merde s'en tamponnait litteralement le coquillard de connaitre l'avenir, plus qu'incertain, de leur frére emprisonné, on en était à un statu-quo total.
Les aliments finirent par manquer de nouveau:" y va falloir retourner en course les gars! y'a plus rien dans l'frigo!...
-" ah ouais? et tu vas aller où?...t'as quoi dans l'cigare?...une bouillie bordelaise?...t' as pigé la situation?...t'as cerné l'probléme?...
-" euh...non...qu'est ce qu'y a?
-" T'as été croisé avec un poisson rouge ou quoi?
-" ???
-" Tu t'souvient quand même de Siméon?
-" Ouais bien sur...ce tocard c'est fait enfermé chez les Egyptiens! quel con!
-" ouais...bon...le truc c'est que si on r'tourne la bas chercher d'la bouffe, y nous faut Benjamin! et comme tu veux pas l'lacher...donc...si on va la-bas sans lui...c'est nous qui r'viendra pas...
-" Donc on laisse le Siméon dans son trou! bon débarras!
-" T' es vraiment le roi des cons!
-" Ben elle est bonne celle là!...c'est d'vot' faute ce merdier!...qu'est ce que vous aviez besoin d'raconter vot' vie à ce débile de...de...remplaçant de Pharaon!...au lieu d'vous vanter que vous aviez un autre frangins, vous aviez qu'à fermer vot' gueule!...
-" ...C'est sur!...mais on était en confiance...il avait une bonne gueule...on pensait pas....
-" Ca c'est sur! pour ce qui est de penser, on est sur que vous ne serez pas les premiers!
-" On est tes gosses...y'a des génes!...bon on fait quoi maintenant?
-" J' en sais rien!...j'en sais rien...vous m'faites chier! j'va réfléchir!
-" C'est ça!...réfléchi...le temps que ça fasses le tour de ta vieille carcasse, on s'ra sec comme des biscottes!...on peut même pas bouffer une salop'rie de rat, y z'ont tous quittés le navire!"
Juda ne disait pas souvent grand chose dans sa chienne de vie; mais, quand il parlait, l'était plutôt du genre à en imposer:" bon! maintenant ça suffit! y'a une décision à prendre...je la prends! et surtout vous la bouclez! du patriarche à tous les morpions!...vous la bouclez! Benjamin!...c'est moi qui va s'en occuper!...
-" Mais...
-" Ferme ta gueule!...c'est moi qui serait le garant de ses fesses, je le raménerait! parole de Juda!...quitte à me bastonner avec toute l'armée d' Egypte, je le raménerait!...et pas en piéces détachées! promis, juré!
-" Ah!ah! l'autre! y vaut pas un clou en castagne!
-" J'le raménerait j'te dit...sans problémes!...mais y faut se manier l'cul, sinon au train où vont tous ces blablas, on s'ra tous morts et enterrés avant que Siméon soit libre!"

 

 

                                                              A   suivre...

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Samedi 21 mars 2009
Le chemin du retour paru long à la fratrie, puis enfin, apparurent les premiers contreforts du pays de Canaan; aprés encore quelques jours de voyage, ils arrivérent chez leur pére et lui racontérent ce qu'ils avaient endurés:" ce con de ministre de pharaon nous a prit pour des espions...
-" Ah ouais! y s'rait pas un peu biggleu ce mec?
-" J'en sais rien! pourquoi tu dis ça?
-" Vous prendre pour des espions! faut être con! vous r'semblez à rien...vous avez des cervelles de piafs...franchement...j'ch'ai pas où il a peché cette connerie d'espionnage!
-" Ouais, ben en attendant y nous en a fait chier!...et en plus, il a gardé Siméon en otage c't'enflure!
-" Siméon?...ah ben ouais, j'avait même pas remarqué son absence...ben ça alors! pourquoi il l'a gardé?...c'est l'plus con d'la bande...y pourra rien en tirer de c't'idiot, y comprend jamais rien...c'est débile de garder un type comme ça!
-" Y veut l'flinguer si on r'vient pas avec Benjamin!
-" Ben alors là! y peut toujours s'fouiller ton ministre de mes deux...si y croit que j'va laisser l' Benjamin lui rendre visite, y peut toujours attendre!
-" D'accord! no problémes! y tue Siméon, on n'en parle plus!
-" euh!...y' a pas d'autres moyens pour l'sortir de là?
-" N'en n'a pas donné d'autres!
-" L' enfoiré! l'enfoiré! c'est quand même mon fils merde! il n'est pas fut' fut' mais j'y tient quand même! c'est moi l'puni dans l'affaire! pas vous! vous vous en avez rien à branler de votre frangin...
-" Faut pas dire ça!...mais on s'dit que....plutot que de tous crever en r'tournant la bas...ben...autant que ça soit lui...bon! ceci dit, mais on créve la dalle, alors faudrait p'têt' s'atteler à faire la bouffe...j'ai les crocs et j'engueulerait même un nain avec ses galoches!...
-" T' as raison! on réflechira mieux à la situation le ventre plein...vous, vous allez vider les sacs de grains dans la réserve pendant que j'fait la bouffe..."
Ainsi fût fait, jusqu'à ce qu'une clameur s'éleva du silo...Joseph cessa un instant ses activités culinaire, tendit un instant une oreille, puis, se tourna de nouveau vers ses fourneaux.
La porte s'ouvrit soudain brutalement faisant sursauter le patriarche, qui faillit s'étaler dans la marmite de soupe. Ses fils , haletant, se disputaient l'entrée de la porte, devenue trop étroite pour permettre à la clique de pénétrer en même temps dans la cuisine:" putain! vous devez avoir une sacré fringale!...ça va pas s'envoler...y'en aura pour tout le monde!
-" Regarde!...
-" Quoi?
-" C'est not' pognon!
-" ??? ouais! super! vous avez d'la thune!...bon alez à table!
-" C'est not' pognon!...celui qu'on lui a donné pour acheter l'grain!
-" ???...ben merde alors!
-" ...j'comprend rien! pourquoi c' était dans les sacs?
-" A quoi y joue c'tordu?...mais à quoi y joue?...ces Egyptiens ont une ame de serpents...???...qu'est ce que tu veux Ruben?...pourquoi tu léves ta main comme un con?
-" Pére...
-" Ouais...
-" Prend avec toi mes deux fils, je vait aller chercher Siméon avec Benjamin, et, si je n'revient pas avec les deux vivants, alors , dans ce cas tu pourras flinguer mes deux enfants!
-" C'est pour dire des conneries pareilles que tu prends la parole?...tu m'prends pour un débile? tu crois que j'vait confier Benjamin à un péquenot comme toi?...va dormir! c'est ce que tu fais de mieux!
-" Dans ce cas...bonne nuit et démerde toi!
-" C'est ça! c'est ça!...d'abord allez tous vous coucher vous m'faites chier!...dehors!...du balai!...


                                                       A suivre...
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Jeudi 19 mars 2009

Restés seuls, les frangins, abattus par ce qu'il venait de leur arriver,se concertérent:" On est en train de payer nos fautes...Dieu nous punit!
-" Quelles fautes?
-" Quelles fautes?...on a vendu Joseph mec! on a vendu Joseph alors qu'il nous suppliait...
-" Et alors?...
-" Putain! merde!...on en a rien eu à foutre de ses pleurs...on l'a donné contre quelques malheureuses piéces!...quels salauds on fait! j'ose même plus me regarder dans une glace!
-" Tu crois qu'c'est pour ça qu'on est emmerdés maintenant?
-" Bien sur que c'est pour ça! Hein Ruben?
-" J'vous l'avait dit, bande de blaireaux! j'vous l'avait dit qu'on paierait c't'affaire, y lache rien l'autre la-haut!...seulement...vous en avez rien eu à péter ce jour là! alors...inutile de se lamenter maintenant!
-" Tu croit qu'il est mort?
-" Qui?
-" Joseph...
-" J'en sais rien...surement!...
-" Bon ! on fait quoi?
-" Pour Joseph?...
-" Mais non ducon!...a propos de la situation actuelle.
-" On fait comme on a dit: on achéte le grain, on retourne à Canaan le livrer eton r'vient avec Benjamin pour...pour sauver Siméon!...voilà ce que l'on va faire!
-" Et...si on l'sauve pas?
-" Alors on mourra avec lui!
-" Ah! bon!...toi tu vas mourir avec lui!...c'est nouveau ça, de t'prendre pour un héros!
-" Dieu nous pardonnera peut-être comme ça!...enfin...je pense...
-" Je sent que ça n'va pas m'plaire du tout cette embrouille...
-" Ta gueule!..."
Tous les paniers furent emplis de grain et, dans chacun d'eux, Joseph, discrétement redéposa l'argent de ses fréres; les anes furent chargés et la caravane s'ébranla en direction du pays de Canaan.
A la premiére halte, chacun donna, a ses bêtes respectives, du fourrage; du bon grain que l'on puisa dans les paniers venus de ce pays d'égypte.
" Hé! les mecs! regardez...ces cons ont laissés tomber ma thune dans l'sac...j'l'ai trouvé en puisant le grain...Ha!ha!ha! qu'y sont cons!mais, qu'y sont cons!
-" T'as un vrai cul toi!...un pot d'cocu!
-" Va te faire foutre!

 

 

                                                  A   suivre...

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Mardi 10 mars 2009
Ils se prosternérent devant le ministre, attendant en vain l'ordre de se relever: Joseph, les laissa face contre terre:" D' où venez vous?
-" De Canaan, Seigneur!...on a plus rien à bouffer et notre jeune frére est en train de crever!
-" De Canaan?
-" Oui...
-" Et vous venez de si loin pour acheter des vivres?
-" Oui...nous espérons que votre bonté nous permettra...
-" C'est drole, mais...j'ai un sentiment bizarre...que vous vous foutez d'ma gueule!
-" ???...non...non...pourquoi on f'rait ça?
-" parce que...vous avez de bonnes têtes de faux-cul!
-" Non pas monsieur...nous sommes droits et honnêtes...
-" ouais!...et ben moi j'pense que vous êtes des espions envoyés pour repérer nos points faibles!
-" Non...non...vous vous trompez! on veut juste de la bouffe, c'est tout!
-" Mon cul! oui...je flaire les espions à cent lieues à la ronde!
-" j'vous jure...
-" J' vait p'têt' vous torturer?
-" Pitié! faîtes pas ça...on est des pauv' nazes venus de nulle part! on a pas des têtes à faire de l'espionnage...voyez! on est tous fréres, et c'est not' pére qu'a dit: " allez chercher d'la bouffe en Egypte!...y'en a plein!". On est douze frangins, y' en a un qu'est malade et qu'est resté avec le daron, quant à l'autre...ben...il est parti...y doit etre raide aujourd'hui!
-" J'ai du mal à vous croire!...cependant...si vous me ramenez votre jeune frére...ch'ui prét à vous croire...sinon...couic!...j'vous donne trois jours pour réfléchir!"
La garde perso du ministre, embarquérent la famille dans la geole la plus pourrie du coin, peuplée de vermines et de ratiches des plus commack; un univers de pisse , de merde et de dégueuli; le paradis quoi! le troisiéme jour, Joseph se pointe:" Bien! les p'tits gars...vous étes préts?
-" Préts à quoi?
-" Toi, la grande gueule! quel est ton nom?
-" Siméon pourquoi?
-" La chambre t'a plu...tu restes ici!
-" Mais ...
-" gardes! faites sortir les autres glands et refermez la porte derriére celui la!
-" m'sieur le ministre...laissez le ! ..on n'a rien fait j'vous jure!..
-" Tu veux prendre sa place?
-" ben...non!
-" alors ferme ta gueule!...bon! on va vous filer les grains que vous étes venus chercher, et vous allez retourner chez vous!...petite nuance, vous r'viendrez avec le cadet!...si y vous prenait l'envie de ne pas revenir...le Siméon, on le jette aux lions...ou aux crocos...j'chai pas encore!
-" hé! hé!...y vont jamais rev'nir ces enfoirés! y vont m'laisser crever ici!...vous les connaissez pas! c'est une bande de batards sans coeur!...y vendrait leurs péres et méres pour trois piéces d'or!...
-" Ca!...j'veux bien t'croire!"


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Jeudi 5 mars 2009
Le voyage dura plusieurs semaines avant d' atteindre enfin l' Egypte:" Hola l'Egyptien! peux tu nous dire où on pourrait acheter des vivres?
-" ti peut en avoir dans li magasins, mon frére!
-" ouais d'accord! mais c'est où?
-" ti va tout droit dans li désert, ti tourne pas à droite, ti tourne pas à gauche, ti va toujours tout droit!
-" Je voit, je voit! tu pourrais pas être un peu plus précis?
-" Ti casses mes couilles! t'écoute pas ce que j'ti dit! tout droit ! toujours tout droit!
- " bon! allez on s'casse, on n'en sortira rien de cet indigéne!
-" nique ta mére!..."
la caravane s'ébranla de nouveau et les jours s'écoulérent avant d'atteindre une ville:" hep! hep l'ami! tu peux nous renseigner?
-" qu'est ce ti veux ?
-" on voudrait acheter du grain...
-" ti tombes bien! c'est là qu'on vend!
- " Ah oui! et où ça?
-" Ici!
-" j'voit rien...
-" Si ti donnes l'argent, j't'explique! si ti donnes pas, j't'explique pas!
-" commence a me faire chier les autochtones!
-" ti dit pas d'salop'ries sinon...couic!
-" tiens! ça t'vas ça?
-" ti voit quand ti veux!
-" bon! accouche!
-" ti va dans le centre de la ville, ti verra Zaphenat-Paneah, c'est lui qui vend!
-" Zaphé...qui est ce ?
-" c'est li premier ministre di Pharaon...il est tout puissant ici!...y'en a qui dise qu'il est plus puissant que li Pharaon!
-" Et...c'est vrai?
-" j'en sais rien!"
Aprés plusieurs heures d'attente, les frangins se retrouvérent, sans le savoir , devant celui qu'ils avaient trahi, quelques années auparavant; mais aucuns ne le reconnu, il faut dire qu'avec tout les apparats qu'il portait sur lui, c'était pas facile, et surtout, ils étaient loin de s'imaginer...mais pour le Joseph, alias Zaphénat-Panéah, ça avait fait tilt:" mais!...c'est mes enculés de frangins!...ah! les p'tits bâtards de créve la dalle!...j'va bien m'amuser!


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